
JD Vance a pris place derrière le pupitre de la Maison Blanche le 19 mai 2026. Le vice-président remplaçait la porte-parole Karoline Leavitt, en congé maternité. La presse américaine y a vu un galop d’essai grandeur nature en vue de 2028.
Vance au pupitre, Leavitt absente
La salle de presse de la Maison Blanche était comble et agitée, mercredi 19 mai. JD Vance y a pris place derrière le pupitre, en remplacement de la porte-parole Karoline Leavitt, en congé maternité. La scène s’est aussitôt chargée d’un poids politique.
Ce n’était pas une apparition ordinaire. Le 5 mai, le secrétaire d’État Marco Rubio avait occupé le même emplacement dans des circonstances comparables. Sa prestation avait été largement saluée comme un moment de stature présidentielle. La comparaison avec Vance était inévitable.
Les deux hommes sont perçus comme les prétendants les plus sérieux à la succession de Donald Trump en 2028. Chaque apparition publique est désormais analysée à cette aune. Vance le savait en entrant dans la salle bleue.
JD Vance à la Maison Blanche : entre humour et prise de position
Le vice-président a ouvert sa conférence avec un accessoire. Il a exhibé un plan des sièges attribués aux différents médias. « J’ai un pense-bête qui me dit qui désigner et surtout qui ne pas désigner », a-t-il lancé à la salle.
La plaisanterie n’était pas inédite. Marco Rubio avait utilisé la même formule au même endroit trois semaines plus tôt. Vance l’a recyclée sans gêne, et il a obtenu les rires attendus.
La désignation des journalistes a suivi une logique délibérément informelle. Le vice-président s’est appuyé tantôt sur le plan de salle, tantôt sur la couleur des cravates ou les accessoires des reporters présents. « Je ne connais pas votre nom. Mais vous portez une belle croix autour du cou donc allez-y », a-t-il dit à une représentante de LindellTV, chaîne créée par un ardent partisan de Donald Trump. Ce choix, assumé par un fervent catholique, a suscité des réactions dans la salle.
Le vice-président a aussi plaisanté sur le chaos ambiant. Les journalistes s’époumonaient pour attirer son attention. « Si vous posez deux questions, je ne peux promettre que de répondre à une. En fait, je suis un politicien, donc peut-être que je ne répondrai à aucune », a-t-il lancé à un reporter. L’humour n’a pas duré. Les questions sérieuses ont suivi.
Dans l’ombre de « The Apprentice »
L’image du JD Vance à la Maison Blanche face aux caméras a immédiatement renvoyé à un précédent télévisé bien connu. Donald Trump s’est fait connaître du grand public en animant « The Apprentice : qui veut le job ». Dans cette émission, des candidats s’affrontaient pour décrocher un poste auprès du milliardaire new-yorkais. Trump les éliminait un à un avec sa désormais célèbre expression « Vous êtes virés ».
Le parallèle avec le défilé de cadres républicains au pupitre de la porte-parole a rapidement circulé dans la presse américaine. Rubio d’abord, Vance ensuite : le casting se précisait.
Vance lui-même avait alimenté la comparaison la semaine précédente. Il avait évoqué un possible duel avec Marco Rubio orchestré par Donald Trump, sur le ton de la plaisanterie. « Cela ne ressemblerait vraiment pas au président des États-Unis d’avoir un jeu télévisé pour savoir qui lui succéderait », avait-il déclaré. Le ton était ironique. L’enjeu sous-jacent ne l’était pas.
Mercredi, face aux journalistes, il a mis fin au jeu. « Je ne suis pas un potentiel futur candidat » à la place de Donald Trump en 2028, a-t-il assuré. Peu de présents ont pris cette dénégation pour argent comptant.
Réactions et citations : Iran, 6 janvier, finances présidentielles
La conférence de presse a abordé des dossiers très sensibles. Les journalistes ont interrogé JD Vance sur l’Iran, sur un fonds d’indemnisation controversé, sur les assaillants du Capitole et sur les finances personnelles de Donald Trump.
Sur le dossier iranien, Vance a tenu la ligne officielle sans dévier. Il a assuré que le conflit au Moyen-Orient n’était « pas une guerre éternelle » et soutenu que l’Iran ne devait « jamais » pouvoir se doter de l’arme nucléaire. Cette position s’aligne sur celle du président américain. Elle contraste avec les réticences que Vance avait exprimées par le passé sur les engagements militaires à l’étranger.
Fonds d’indemnisation et affaire du Capitole
Le fonds du ministère de la Justice a suscité les questions les plus délicates. Ce fonds doit indemniser les partisans de Donald Trump que l’administration du démocrate Joe Biden aurait maltraités. Interrogé sur ses bénéficiaires potentiels, le vice-président a répondu qu’il faudrait juger « au cas par cas ».
Il n’a pas exclu formellement que les assaillants du Capitole du 6 janvier 2021 en profitent. Ces derniers avaient tenté d’empêcher la certification de l’élection de Joe Biden. Donald Trump les avait graciés en masse en début de son second mandat.
Sur les transactions boursières, Vance a répondu avec fermeté. L’opposition démocrate accuse Trump d’avoir utilisé sa fonction pour s’enrichir personnellement. « Donald Trump n’est pas assis dans le Bureau ovale derrière son ordinateur (…) en train d’acheter ou de vendre des actions. C’est absurde », a estimé le vice-président. Il a aussi sermonné le journaliste auteur de la question. La réponse était sèche, sans développement.
JD Vance Maison Blanche : loyauté et succession républicaine
La primaire républicaine au Texas a aussi été abordée. Donald Trump a soutenu Ken Paxton contre le sénateur sortant John Cornyn, pourtant appuyé par la hiérarchie du parti. Paxton est empêtré dans plusieurs scandales. Le choix du président est passé par un autre prisme : la fidélité.
Vance a défendu ce soutien sans hésitation. « Quand cela comptait vraiment, Ken Paxton a été là pour le pays, là pour le président, voilà pourquoi il a au bout du compte décroché le soutien » présidentiel, a-t-il dit. La formule est limpide : sous Trump, la loyauté personnelle prime sur tout autre critère.
L’ancien sénateur de l’Ohio a parfaitement intégré cette règle. L’autorité de Donald Trump sur le Parti républicain n’est pour l’instant pas contestée. Vance l’applique sans nuance, depuis le pupitre comme depuis ses fonctions de vice-président.
La question de la succession reste entière. Marco Rubio avait passé l’épreuve du pupitre le 5 mai. JD Vance l’a répétée le 19 mai. Aucun des deux n’a commis d’impair majeur. La presse américaine continuera de scruter chaque apparition publique.
Le jeu de la succession, officieux mais bien réel, a commencé bien avant 2028. Donald Trump, en observateur attentif, n’a pour l’heure distribué aucune carte décisive.
Source : Agence France-Presse

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