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Espagne suspendue de l’OTAN : Sánchez sans inquiétude

Trans Afrique

Espagne suspendue de l’OTAN : c’est l’hypothèse que l’agence Reuters a rendue publique jeudi, citant des réflexions en cours à Washington. Pedro Sánchez a répondu depuis Nicosie, en marge du sommet des dirigeants de l’Union européenne. Le Premier ministre espagnol a balayé toute inquiétude en quelques mots.

L’hypothèse d’une Espagne suspendue de l’OTAN surgit de Washington

Reuters a publié un article évoquant des réflexions internes aux États-Unis. Washington envisagerait de suspendre la participation de l’Espagne à des postes de responsabilité au sein de l’Alliance atlantique. Cette sanction serait une réponse directe à l’opposition de Madrid à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Pedro Sánchez participait à Nicosie, à Chypre, au sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Des journalistes l’ont interrogé sur ces informations lors de ce déplacement. Il a choisi de répondre publiquement, sans détour.

Sa réaction tient en une formule, prononcée en anglais : « Pas d’inquiétude. » Le Premier ministre espagnol a rejeté toute forme d’alarmisme. Il a rappelé la position de son pays au sein de l’Alliance : « L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’OTAN et nous remplissons nos obligations. »

Sánchez distingue e-mails et positions officielles

Les informations de Reuters reposent sur des échanges évoqués dans des courriels internes. Sánchez a tenu à en préciser la portée. « Nous ne travaillons pas sur la base d’e-mails, nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des États-Unis formule », a-t-il déclaré en espagnol.

Cette distinction est centrale dans la réponse espagnole. Madrid ne conteste pas l’existence de tensions. Madrid refuse en revanche de traiter des échanges informels comme des décisions d’État.

Le Premier ministre a également énoncé la doctrine de son gouvernement : « La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale. » Cette formule résume l’ensemble des choix espagnols depuis plusieurs mois. Elle traduit aussi la fracture qui s’est ouverte avec Washington.

Sur le plan juridique, une suspension de l’Espagne resterait sans fondement. Le traité de l’Atlantique Nord, signé en 1949, ne contient aucune disposition prévoyant la suspension ou l’exclusion d’un État membre.

Aucun mécanisme de ce type n’existe dans les textes fondateurs de l’Alliance. L’hypothèse évoquée par Reuters se heurte donc à un vide juridique.

Un conflit entre Madrid et Washington qui s’accumule depuis février

Espagne suspendue de l’OTAN ou non, la dégradation des relations entre les deux pays remonte à plusieurs mois. Sánchez s’est positionné, dès la fin du mois de février, contre la guerre conduite par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Il est devenu le fer de lance des voix occidentales qui s’élèvent contre ces hostilités.

Cette posture a profondément irrité Donald Trump. Le président américain reproche à l’Espagne d’avoir refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour lancer des frappes aériennes. Trump a répondu à ce refus par une menace économique directe : il a évoqué la possibilité de « cesser tout commerce » entre les deux pays.

Le dossier des dépenses militaires constitue un second point de friction. Lors du sommet de l’OTAN tenu l’an dernier à La Haye, aux Pays-Bas, les membres de l’Alliance ont adopté un objectif commun : porter les dépenses de sécurité à 5 % du PIB national d’ici 2035, dont 3,5 % réservés aux seules dépenses militaires. L’Espagne refuse d’adhérer à cet engagement.

Madrid affirme pouvoir atteindre les objectifs de capacités militaires fixés par l’Alliance en limitant ses dépenses militaires à 2 % de son PIB.

La position espagnole sur le conflit israélo-palestinien aggrave encore les tensions. Sánchez est l’un des très rares dirigeants occidentaux de premier rang à avoir qualifié de « génocide » la guerre menée par Israël à Gaza, depuis l’offensive du Hamas en octobre 2023. Cette prise de position a renforcé les frictions avec Washington.

Le Pentagone durcit son message, l’Europe appelle à l’unité

Donald Trump ne s’est pas exprimé directement sur les informations publiées par Reuters. La porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a néanmoins transmis une réponse écrite à l’AFP. Elle reprend les griefs du président américain à l’égard de ses alliés européens.

« Comme l’a dit le président Trump, en dépit de tout ce que les États-Unis ont fait pour nos alliés de l’OTAN, ils ne nous ont pas soutenus » lors de l’offensive contre l’Iran, écrit Wilson. Le Pentagone annonce également la préparation d’options à destination du président. « Le ministère de la Guerre fera en sorte que le président ait à sa disposition des options crédibles pour que nos alliés ne soient plus des tigres de papier mais au contraire fassent leur part », poursuit-elle.

Wilson ne mentionne pas explicitement la présence de Madrid dans l’Alliance atlantique. Sa déclaration s’inscrit dans un registre de pression générale sur les alliés. Elle ne confirme ni n’infirme les informations publiées par Reuters.

Du côté européen, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a réagi depuis le même sommet de Nicosie. Elle a appelé l’OTAN à « rester unie » et décrit cette cohésion comme l’un des « atouts » de l’Alliance. Meloni n’a pas commenté directement la situation de l’Espagne au sein de l’organisation.

Espagne suspendue de l’OTAN : une crise de cohésion qui interroge l’Alliance

L’hypothèse d’une Espagne suspendue de l’OTAN révèle une fracture profonde au cœur de l’Alliance atlantique. Washington exerce une pression croissante sur ses partenaires européens. Plusieurs d’entre eux refusent de soutenir des opérations militaires qu’ils jugent contraires au droit international.

Donald Trump attaque l’OTAN de manière répétée depuis son retour à la Maison-Blanche, il y a plus d’un an. Il remet en cause les engagements fondateurs de l’Alliance. Il exige une conformité politique que les textes en vigueur ne prévoient pas.

Madrid maintient sa ligne sur tous les sujets de friction. Sánchez refuse d’augmenter le budget militaire au-delà de 2 % du PIB.

Son opposition à la guerre contre l’Iran reste entière. Sa qualification de « génocide » pour la guerre à Gaza ne varie pas non plus. Ces positions exposent l’Espagne à des représailles économiques et politiques de la part de Washington.

Pour l’heure, la pression américaine reste dans le registre verbal. Toute mesure officielle contre Madrid se heurterait à l’absence de base juridique dans les textes fondateurs de l’OTAN. La prochaine étape appartient à Washington.

Source : Agence France-Presse

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