
Un atelier coorganisé par la CEA et l’Institut National de la Statistique (INS) s’ouvre ce lundi 22 juin 2026 à Douala. Objectif concevoir les « comptes de l’énergie ». Derrière cette formule de technocrates se cache un enjeu direct pour le quotidien des Camerounais. La fin du pilotage à vue face aux délestages.
Pour le citoyen ordinaire, abonné au rythme imprévisible des coupures d’électricité et au ronronnement des groupes électrogènes à Douala. Une réunion d’experts sur la « comptabilité macroéconomique » peut sembler bien éloignée des réalités. C’est pourtant tout le contraire. Si le Cameroun peine à stabiliser son réseau malgré la mise en service de grands barrages. C’est en partie parce qu’il navigue dans un flou statistique persistant.
Mettre en place des « comptes de l’énergie ». C’est tout simplement fabriquer le thermomètre qui manquait au pays. Jusqu’au 26 juin, l’INS et la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) vont concevoir un outil capable de tracer chaque kilowatt produit. Chaque litre de carburant importé, mais surtout de localiser précisément où se situent les pertes. Sans ces données, impossible de contraindre les opérateurs. A réparer les lignes défaillantes plutôt que de couper le courant dans les quartiers.
Une arme contre la vie chère et les factures surprises
L’énergie pèse lourd dans le budget des ménages et des petites entreprises camerounaises. Qu’il s’agisse de la recharge d’une bouteille de gaz. Du plein de carburant ou de la quittance mensuelle d’électricité. Les consommateurs subissent de plein fouet l’instabilité des coûts.
Kick-off Pml5 : Transformer une vision en réalité
La science des données, qui se dessine cette semaine à Douala, a pour but. De lier l’économie à l’environnement. En chiffrant l’impact réel des ressources énergétiques sur les différentes couches de la population. L’État s’offre une boussole pour ajuster ses subventions. Pour le consommateur, de meilleures statistiques signifient une tarification plus juste. Mieux anticipée, et une protection accrue contre les hausses de tarifs injustifiées ou décidées à l’aveuglette.
Passer des promesses de séminaire à la réalité du foyer
Le véritable défi de cet atelier réside dans sa capacité à transformer le chiffre en impact concret. Les Camerounais sont fatigués des grands sommets sans lendemain. L’association de la CEA (ONU) à cette initiative doit servir de garantie pour que ces nouveaux standards de comptabilité ne restent pas au fond d’un tiroir administratif.
Endettement : Le Cameroun veut plus d’argent entre 2026 et 2028
L’accès à une énergie stable et abordable est un levier de développement. En se dotant d’une cartographie exacte de son offre et de sa demande. Le planificateur national n’aura plus d’excuses. Il devra aligner les investissements sur les besoins réels des ménages et des zones industrielles.
Panne de données, panne de courant !
Au bout du compte, cet atelier de Douala rappelle une vérité fondamentale. Au XXIe siècle, on ne peut pas éclairer un pays que l’on ne sait pas compter. L’avènement des « comptes de l’énergie » est la preuve que la bataille contre le délestage ne se gagne pas seulement sur le terrain du béton et des turbines. Mais aussi sur celui des bases de données. Si l’INS réussit son pari d’ici vendredi. Le Cameroun disposera enfin de la visibilité nécessaire pour moderniser son modèle. Car pour le citoyen connecté comme pour la petite Couturière de quartier, la formule est désormais limpide. Mettre fin à la panne de données est le seul moyen durable de mettre fin aux pannes de courant.

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