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Cameroun : Le fleuve Nyong se meurt   

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Jadis, le fleuve Nyong était présenté comme le deuxième plus grand cours d’eau du Cameroun. Hélas, il est aujourd’hui menacé de disparition. Une autorité et un fonds ont été créés le 21 juillet dernier pour le suivi des actions préconisées pour sauver cet écosystème.  

Il faut sauver le fleuve Nyong. Et redonner une seconde vie à ce fleuve et à son bassin. C’est l’avis partagé par les participants à la toute première Conférence internationale sur le fleuve Nyong (Ciflen). Une plateforme placée sous le haut patronage du Premier ministre du Cameroun, chef du gouvernement.

Valoriser les savoirs traditionnels

Le Ciflen a tenu ses travaux les 20 et 21 juillet dernier au palais des Congrès à Yaoundé. A l’initiative de l’association Volontariat pour l’environnement. À l’issue des ateliers, le 21 juillet, six principales résolutions ont été adoptées. Entre autres, la création d’un fonds et d’une autorité du bassin du fleuve Nyong. Par ailleurs, un plan de gestion intégrée a été adopté.

Les experts sont également d’avis qu’il faut recourir aux innovations technologiques et valoriser les savoirs traditionnels. La conférence réunissait des acteurs de plusieurs domaines de compétences. Parmi lesquels des experts-chercheurs, des responsables de la société civile, les collectivités et les communautés.

Ainsi que les autorités, notamment le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable. L’objectif majeur était de trouver des solutions en vue d’une gestion durable de ce fleuve et de son écosystème.

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Le lit du fleuve s’est rétréci

Le Nyong est confronté depuis des dizaines d’années par des experts camerounais à de sérieux problèmes. Allant du rétrécissement du lit fluvial au risque de la disparition de la rivière. En effet, le deuxième plus grand fleuve du Cameroun fait face à deux types de menaces. L’une d’ordre anthropique, c’est-à-dire liée à l’activité nocive de l’homme, et la seconde d’ordre naturel ou écologique.

Selon le Dr Patrick Moanono, hydrologiste et environnementaliste rencontré en 2021 par Data Cameroun, « Ce sont les activités menées par l’homme qui conduisent aux effets naturels. ». D’après ce chercheur, les macrophytes qui peuplent aujourd’hui le bassin versant du Nyong sont la conséquence des activités humaines.

La plante la plus dangereuse demeure la jacinthe d’eau. Elle occupe une bonne partie du lit fluvial. Conséquence logique, le fleuve rétrécit d’année en année. Dans l’indifférence des acteurs de la chaîne de protection, au premier rang desquels les pouvoirs publics. A certains endroits, comme sur le pont enjambant le Nyong à Bertoua, la rivière n’est plus qu’un ruisseau d’à peine 10 mètres de large.

Entre Abong-Mbang et Mbalmayo, chef-lieu du département du Nyong-et-So’o. le Nyong n’est plus navigable.

L’inquiétude des riverains

Les communautés riveraines affirment que le fleuve avait une surface d’environ 800 mètres dans les années 60 à 80. Pourtant, la navigation est devenue une équation difficile. Il faut attendre la saison des pluies pour voir de petites pirogues naviguer sur une dizaine de kilomètres. C’est ce qu’ont constaté les pêcheurs des villages où le fleuve prend sa source.

Ces villages sont situés à 40 kilomètres d’Abong-Mbang, à l’Est du Cameroun. Cheffe du groupement Yebekolo, dans l’arrondissement d’Akonolinga, Abondo Cosmas est inquiète. Elle évoque par exemple la disparition des canards sauvages. « Maintenant c’est rare de voir les canards sauvages », déplore l’autorité traditionnelle.

Or, la disparition du fleuve rime avec la raréfaction des ressources halieutiques. Et notamment les poissons dont la pêche constitue l’une des principales activités des riverains.

Le Nyong est long de 840 kilomètres. Il s’écoule jusqu’à la baie du Biafra à l’angle Nord-Est du golfe de Guinée. En passant par le village Petit-Batanga à 35 kilomètres de la cité balnéaire de Kribi.

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