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Ousmane Toudou, seul journaliste libéré après une remise de peines – Aïr Info


Ousmane Toudou est le seul journaliste à bénéficier d’une remise de peines décidée par le général Abdourahamane Tiani, selon un décret signé le 1er avril 2025. Son confrère Moussa Tchangari, toujours détenu, n’a pas été concerné par cette mesure.

Ancien directeur de la radio Anfani et ex-conseiller en communication des présidents Issoufou Mahamadou et Mohamed Bazoum, Ousmane Toudou avait été arrêté le 13 avril 2024. Il était poursuivi pour « trahison et complot contre la sûreté de l’État » après la publication d’un message appelant au retour à la démocratie aux premières heures du coup d’État du 26 juillet 2023. Après une garde à vue à la gendarmerie nationale, il avait été placé sous mandat de dépôt à la prison de Kollo le 25 mai 2024.

Son arrestation avait suscité des préoccupations au sein de la profession journalistique et parmi les défenseurs des droits humains, notamment Amnesty International et Reporters Sans Frontières (RSF), qui y voyaient une atteinte à la liberté de la presse au Niger.

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Des responsables politiques et militaires concernés

En plus du journaliste, plusieurs autres personnalités politiques et militaires figurent sur la liste des bénéficiaires de cette mesure de clémence, annoncée par le secrétaire général du gouvernement Mahamane Roufai Laouali à la télévision nationale. Parmi eux, Mahamane Sani Issoufou, ancien ministre du Pétrole et fils de l’ex-président Mahamadou Issoufou, ainsi que Kalla Moutari, ex-ministre de la Défense, Ahmed Djidoud, ex-ministre des Finances, et Ibrahim Yacoubou, ancien ministre de l’Énergie.

Le président du PNDS Tarayya, l’ancien parti au pouvoir, Foumakoye Gado, ainsi qu’Alat Mogaskia, ex-ambassadeur au Nigeria, figurent également sur la liste des bénéficiaires. Tous avaient été arrêtés après le coup d’État et détenus dans différentes prisons pour « complot ayant pour but de porter atteinte à la sûreté et à l’autorité de l’État ».

Des militaires condamnés par le passé pour « tentative de coup d’État » ou « atteinte à la sûreté de l’État » ont aussi été libérés. Parmi eux, le général Salou Souleymane, ancien chef d’état-major des armées, et trois autres officiers, condamnés en 2018 à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison pour ce qui avait été qualifié de tentative de renversement du régime de Mahamadou Issoufou en 2015.

Un dernier journaliste reste emprisonné après la remise de peines

Cette décision s’inscrit dans le cadre des recommandations des Assises nationales tenues du 15 au 20 février dernier, visant à restructurer les institutions et promouvoir la stabilité au Niger. La Charte de la Refondation issue de ces assises a été promulguée le 26 mars dernier, lorsque Abdourahamane Tiani avait été officiellement investi Président de la République et promu Général d’Armée.

Si Ousmane Toudou, étant journaliste, a bénéficié de cette mesure, Moussa Tchangari demeure, à ce jour, le dernier journaliste toujours incarcéré. Secrétaire général de l’association et ancien Directeur de publication du journal éponyme, « Alternative Espaces Citoyens », il a été arrêté en décembre 2024 avant d’être transféré en début janvier à la prison de Filingué. Inculpé notamment pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « intelligence avec des puissances ennemies », son maintien en détention continue de susciter des appels à sa libération de la part de ses collègues et organisations de défense des droits humains.

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