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Cameroun : la diaspora suivra-t-elle l’appel du gouvernement ?

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Le gouvernement du Cameroun veut lever 2000 milliards auprès de sa diaspora. Pour financer ses infrastructures de développement sur dix ans. 

Le Cameroun tend la main à sa diaspora. Le gouvernement sollicite le concours de cette population expatriée pour financer l’économie du pays qui a mal à ses infrastructures. Pour ce faire, le gouvernement envisage de lever 2000 milliards Fcfa auprès de sa diaspora. Ce montant servira à financer les projets de développement du pays au cours des dix prochaines années.

Dépôts et consignations

Le projet est piloté par la Caisse des Dépôts et Consignations (Cdec). Via l’initiative « Diaspora pour le développement » (Diasdev). Qui bénéficie du concours technique de l’Agence française de développement (Afd). L’initiative sera mise en œuvre par Expertise France sous l’égide du Forum des caisses de dépôt. C’est ce qu’a retenu la presse lors de la conférence conjointe Minfi-Cdec, tenue il y a quelques jours à Yaoundé.

L’initiative Diasdev est envisagée à un moment où le gouvernement semble dos au mur. L’encours total de la dette publique du Cameroun s’établit à 15 416 milliards de FCFA. Soit environ 27,5 milliards de dollars USD à la fin du premier trimestre 2026. Ces données officielles et récentes ont été publiées par la Caisse autonome d’amortissement (CAA).

Près de 6 millions de Camerounais de l’étranger ciblés   

La masse de la dette de l’État avoisine donc près de 42 % du PIB. « Les exigences croissantes en matière de souveraineté économique nécessitent des volumes d’investissement sans précédent. Alors même que les marges budgétaires de l’État s’amenuisent. Et que les banques commerciales privilégient désormais les financements de court et long terme ».

Le directeur général de la Cdec, Richard Evina Obam, a tenu ces propos pendant sa communication sur le projet Diasdev. Il a affirmé que le projet cible 6 millions de Camerounais recensés à l’étranger.

« Le projet consiste à concevoir une plateforme d’investissement fiable. Garantissant à la diaspora un cadre sûr, précis et transparent pour ses fonds. Tout en assurant un environnement propice aux projets durables », a ajouté Virginie Dago, directrice de l’Afd au Cameroun.

Dépôts et consignations : Pression sur les banques

852 milliards transférés chaque année

En effet, il est question pour le gouvernement camerounais, à terme, de rallier 500 000 Camerounais vivant à l’étranger. Parmi ces concitoyens, 114 000 sont basés aux États-Unis. Les autorités ne se sont pas trompées de cible. En 2024, la diaspora camerounaise a transféré au pays 652 milliards Fcfa  Dont 35 % du montant provenaient de France.

Un montant légèrement en deçà des 852 milliards transférés chaque année, et dont le gouvernement envisage de réorienter une partie. Aux fins d’épargne destinée au financement des projets d’infrastructures.

A ces efforts de la diaspora, il faut greffer l’épargne collectée sur le territoire national. Elle est estimée entre 9 900 et 20 000 milliards Fcfa, d’après une étude présentée le 7 juillet dernier. Dont 7 400 milliards logés dans les banques sous forme de compte courant et d’épargne classique. À cela, il faut ajouter 2 400 circulant dans les circuits informels, notamment les tontines et les EMF.

Une diaspora sceptique

En outre, la Cdec ambitionne de constituer une base de 1,5 milliard d’épargnants au Cameroun sur 10 ans. Et de mobiliser au moins 500 milliards par an auprès des épargnants nationaux et de la diaspora. Pour rassurer la Cdec, elle affirme qu’elle ne collectera pas directement l’épargne. Mais qu’au contraire les dépôts continueront d’être versés dans les banques commerciales.

Un gage qui, bien qu’adossé sur un dispositif réglementaire en préparation, ne va probablement pas convaincre la diaspora. Du moins certains de nos compatriotes engagés depuis des décennies dans la bataille pour la reconnaissance de leur double nationalité. Une requête qui a toujours trouvé oreille sourde auprès des autorités.

Par ailleurs, la gestion des chantiers implémentés ces dernières années, dans le cadre des projets structurants, reste dans les esprits. Elle ne plaide pas en faveur des requérants. Les plus récents sont les infrastructures de la Can Total Cameroun 2020. Les stades d’Olembe et de Japoma sont une illustration de cette gestion catastrophique. Sans compter les projets énergétiques, ou encore l’autoroute Douala-Yaoundé, dont le chantier n’a pas évolué depuis 10 ans.

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