Un cadre de la société civile critique de la junte au pouvoir au Burkina a été arrêté à Ouagadougou, a annoncé vendredi son organisation, allongeant la liste des voix discordantes réprimées ces derniers jours par les autorités.
Le Burkina Faso est gouverné par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en septembre 2022 qui réprime régulièrement les voix discordantes dans le pays, au nom de la guerre contre les jihadistes.
« Le Front patriotique a appris avec consternation l’arrestation de son secrétaire général adjoint, le camarade Romuald Yaro, survenue le dimanche 30 mars aux environs de 19 heures, sur son lieu de travail », à Ouagadougou, a écrit cette organisation dans un communiqué.
Son « arrestation a été opérée par des individus qui se sont présentés comme étant en mission pour le compte de l’ANR« , l’Agence nationale du renseignement burkinabè, poursuit l’organisation qui dit ignorer le lieu et le motif de sa détention.
Créé en août 2022, le Front patriotique, très critique du régime militaire, est un mouvement citoyen constitué d’organisations de la société civile et de partis politiques légalement reconnus au Burkina Faso.
« Le Front patriotique réaffirme son désaccord avec ces types d’arrestations, hors procédures judiciaires qui s’assimilent à la disparition forcée », a-t-il déploré.
Il invite « les services de sécurité à revoir sérieusement leurs méthodes d’interpellations et d’investigations qui évoquent plus un usage abusif de la force et de l’arbitraire que des raisons de sécurité ».
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Si les arrestations et enlèvements sont fréquents depuis deux ans et demi au Burkina Faso, ils ont connu une accélération ces dernières semaines.
Le 24 mars, le président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) Guézouma Sanogo et son vice-président Boukari Ouoba avaient été arrêtés après avoir critiqué la junte. Deux jours plus tard, un troisième journaliste, Luc Pagbelguem, avait été à son tour interpellé pour avoir fait un reportage sur ces propos.
Ils sont réapparus mercredi dans une vidéo, réquisitionnés au front, pour « couvrir la réalité » de la lutte antijihadiste.
Les enrôlements forcés dans l’armée, grâce à un décret de mobilisation publié en 2023, ciblent régulièrement des détracteurs du pouvoir, qui assume cette politique au nom du combat contre les « ennemis de la nation ».
Une semaine plus tôt, le mouvement politique Sens (Servir et non se servir), qui s’était indigné d’un massacre de civils attribué aux forces de sécurité, avait dénoncé l’enlèvement de cinq de ses membres.
Source: Agence France-Presse

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