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Reprise guerre Iran États-Unis jugée probable par Téhéran

Trans Afrique

La reprise guerre Iran-États-Unis est désormais jugée « probable » par un haut responsable militaire de Téhéran. Cette déclaration suit le rejet par Donald Trump d’une nouvelle proposition de paix transmise via le Pakistan. Le cessez-le-feu du 8 avril tient encore, mais la perspective d’une sortie diplomatique s’éloigne dangereusement.

Reprise guerre Iran-États-Unis : la menace franchit un nouveau seuil

Mohammad Jafar Asadi ne laisse pas de place à l’interprétation. L’inspecteur adjoint du commandement des forces armées iraniennes Khatam Al-Anbiya a déclaré samedi que « une reprise du conflit entre l’Iran et les États-Unis est probable ». Cité par l’agence de presse Fars, il précise que « les faits ont démontré que les États-Unis ne respectaient aucune promesse ou accord. »

C’est la prise de position publique la plus directe depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Elle intervient au moment précis où les dernières tentatives de dialogue ont échoué. La reprise de la guerre Iran-États-Unis, longtemps évoquée comme un risque théorique, s’impose comme un scénario crédible aux yeux des responsables militaires iraniens eux-mêmes.

La déclaration d’Asadi traduit une rupture de ton. Jusqu’ici, Téhéran maintenait une double posture, ouverte sur le papier à la négociation, mais ferme sur ses lignes rouges. Ce samedi, l’un des responsables de l’armée iranienne dit ouvertement ce que les canaux diplomatiques n’osaient pas formuler.

Trump rejette la proposition iranienne et maintient la menace

L’Iran avait tenté une nouvelle ouverture. Téhéran a transmis cette semaine un texte de négociation via le Pakistan, sans qu’aucun détail sur son contenu ne filtre. La réponse de Washington n’a pas tardé.

Donald Trump s’est dit « pas satisfait » de la proposition. Ce rejet prolonge une série d’escalades verbales. Lors des phases les plus intenses du conflit, Trump avait déjà menacé d’anéantir la « civilisation » iranienne. Samedi, il a dit préférer ne pas avoir à « pulvériser une fois pour toutes » l’Iran, tout en maintenant que la reprise de la guerre restait « une option ».

Le message est sans ambiguïté : Washington ne valide pas la feuille de route proposée par Téhéran. Des pourparlers directs avaient pourtant eu lieu à Islamabad le 11 avril. Ces négociations s’étaient révélées infructueuses Les divergences restent trop profondes, du verrouillage du détroit d’Ormuz aux exigences liées au programme nucléaire iranien.

Sur le plan institutionnel, Trump a contourné le Congrès. Il avait théoriquement jusqu’à vendredi pour demander une autorisation parlementaire de poursuite des opérations. Il a préféré adresser une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l’Iran étaient « terminées ». Plusieurs élus démocrates ont contesté cette formulation. Ils ont fait valoir que la présence continue de forces américaines dans la région contredisait ce constat.

Un cessez-le-feu fragile sur fond de guerre économique et maritime

Le cessez-le-feu a mis fin à quasiment quarante jours de frappes israélo-américaines sur le territoire iranien et de représailles de Téhéran dans la région. Le bilan humain est lourd : des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Ces pertes constituent l’une des données les plus graves du conflit, dont l’ampleur continue de peser sur les opinions dans les deux camps.

Les répercussions économiques se prolongent bien au-delà de la trêve. Les cours du pétrole ont atteint des niveaux inédits depuis 2022. La cause est directe : le détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, reste bloqué. Téhéran a verrouillé ce passage stratégique dès les premiers jours du conflit. Washington a répondu en imposant un blocus aux ports iraniens.

Le conflit a changé de terrain mais ne s’est pas arrêté. L’USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient. Vingt bâtiments de la marine américaine restent cependant déployés dans la région, dont deux autres porte-avions. La puissance de feu américaine sur zone demeure considérable.

Téhéran prêt à la reprise de la guerre Iran-États-Unis comme à la diplomatie

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a résumé la position officielle de Téhéran. L’Iran se dit « prêt » aux deux scénarios : la poursuite du conflit comme la voie diplomatique. « La balle est dans le camp des États-Unis », a-t-il déclaré, renvoyant à Washington la responsabilité des prochains développements.

Cette double posture révèle une stratégie d’attente calculée. Téhéran refuse d’apparaître comme le demandeur. L’Iran n’abandonnera pas ses positions sous pression, tout en maintenant ouverte la possibilité d’un accord. La marge de manœuvre diplomatique reste étroite.

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a été encore plus direct. « Nous n’accepterons certainement pas qu’on nous impose » une politique, a-t-il affirmé. Aucune capitulation n’est envisagée sur les dossiers jugés souverains par Téhéran.

Le Parlement iranien va plus loin. Il prépare une loi visant à placer le détroit d’Ormuz sous l’autorité directe des forces armées. Le texte prévoit d’interdire le passage des navires israéliens et d’instaurer des droits de transit obligatoires. « Nous ne renoncerons pas à nos droits dans le détroit », a assuré Ali Nikzad, vice-président du Parlement. Ce projet législatif transformerait une mesure de guerre en règle permanente.

Une économie au bord du gouffre, des alliances qui craquent

La trêve a permis aux Iraniens de renouer avec une certaine normalité. Mais le quotidien reste lourd. L’inflation s’emballe, le chômage progresse dans un pays déjà fragilisé par des décennies de sanctions internationales. Les frappes et le blocus ont aggravé une situation économique déjà critique.

Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a transmis un message écrit aux entreprises du pays. Il les exhorte à « éviter autant que possible les licenciements », au nom de la « guerre économique » que subit l’Iran. Ce message reflète l’ampleur des dégâts industriels et la crainte d’une implosion sociale.

La justice iranienne a annoncé samedi la pendaison de deux hommes accusés d’espionnage au profit d’Israël. Ces exécutions s’inscrivent dans un contexte sécuritaire intérieur durci, marqué par une répression accrue depuis le début du conflit.

Crises de panique à Téhéran, rupture ouverte avec Berlin

Amir, 40 ans, habitant de Téhéran, décrit un quotidien épuisant. Il confie à l’AFP commencer chaque journée en « regardant les infos et les nouvelles d’exécutions ». Cet homme dit souffrir de « crises de panique six fois par jour ». « Les gens essaient de tenir le coup mais on voit bien qu’ils sont en train de s’effondrer », dit-il. Sa prédiction est sombre : « Quand leurs économies seront épuisées, les choses changeront, je pense d’ici 30 jours. Petit à petit, le stress et les tensions vont s’aggraver. »

La fracture avec les alliés européens s’approfondit en parallèle. Trump s’est montré particulièrement agacé par les propos du chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait affirmé que les Américains n’avaient « aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale. Le Pentagone a annoncé en réponse le retrait de quelque 5 000 militaires d’Allemagne d’ici un an.

Washington accuse ses partenaires européens de « comportement hypocrite ». Berlin et ses alliés dénoncent une gestion américaine incohérente de la crise. Une éventuelle reprise du conflit se produirait donc dans un contexte d’isolement diplomatique américain sans précédent depuis le début de la crise iranienne.

Source : Agence France-Presse

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