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Burkina Faso : les ONG humanitaires désormais soumises à accréditation

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Nouveau tour de vis à Ouagadougou. Les organisations humanitaires devront désormais obtenir une accréditation officielle pour intervenir au Burkina Faso. Ce décret, signé par le président de la transition Ibrahim Traoré. Intervient alors que le pays sahélien. Reste confronté à une crise sécuritaire et humanitaire majeure liée aux attaques djihadistes.

Le régime militaire, arrivé au pouvoir par un putsch en septembre 2022, mène une politique souverainiste, répressive envers toute voix critique, hostile aux Occidentaux et revendique ne pas être une démocratie.

Plus d’une centaine d’organisations intervenant notamment dans l’humanitaire continuant cependant d’intervenir dans le pays, miné depuis une décennie par des violences jihadistes meurtrières de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, et qui ont fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés.

Leur accréditation va « permettre à l’État d’avoir une maîtrise sur (leur) nombre et sur leur répartition sur le territoire national et leur zone d’intervention », a déclaré le ministre de la Famille, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.

Elle a aussi pour mais d’améliorer la coordination avec les administrations publiques, d’assurer une meilleure traçabilité de leurs interventions et un suivi plus efficace des ressources mobilisées, à-elle listé.

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Elle va également contribuer à garantir des interventions humanitaires conduites dans « le respect des exigences sécuritaires nationales, de la souveraineté de l’État et des priorités définies par le gouvernement ».

80 % des ressources dédiées aux bénéficiaires et achats locaux

Mme Kaboré a justifié cette décision par des « difficultés qui persistent » concernant le travail des organisations, notamment dans l’encadrement de leurs interventions, du respect des priorités nationales ou du contrôle des acteurs sur le territoire national.

Elle a par ailleurs évoqué l’utilisation par les organisations humanitaires de leurs ressources.

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Celles-ci « doivent désormais allouer 80% de leurs ressources à la satisfaction directe des besoins des bénéficiaires » tandis que « 60% de leurs financements » doivent servir « pour l’autonomisation des cibles », selon le lieutenant-colonel Kaboré.

Soupçons de collusion et vagues de suspensions

Le décret oblige également les organisations humanitaires à transporter leurs dons alimentaires le marché local pour qu’ils soient acceptés.

« Si un partenaire veut donner du riz, du mil, du mais (…), il doit prioritairement ces produits sur le marché local », a indiqué le ministre.

Depuis mi-avril, la junte a suspendu 1.056 associations pour « non-renouvellement de leurs instances » dirigeantes et dissous 118 autres invoquant des « dispositions légales en vigueur », sans autres précisions.

Les ONG internationales ou associations fonctionnant avec des financements internationaux sont souvent accusées d’espionnage ou de collusion avec les jihadistes.

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